Taman Ujung Palais Karangasem Bali Indonesie

Karangasem, Bali : temples, plongée, Sidemen et Amed

Par Blaise Jaeger · Mis à jour le 2 août 2026

Karangasem est le regency qui occupe la pointe est de Bali, des pentes du mont Agung jusqu’à un littoral de sable volcanique noir. C’est là que le dernier royaume de l’île a bâti ses palais d’eau, là que les Balinais montent vers leur temple le plus sacré, et là que se trouve la meilleure plongée de Bali.

C’est aussi, à l’échelle balinaise, une région tranquille. Deux heures de route depuis l’aéroport suffisent à filtrer l’essentiel de la foule : pas de beach club, pas d’embouteillage en dehors des jours de marché, et des villages où le cycle du riz règle encore le rythme de la semaine.

Je vis à Bali depuis 2020 et je remonte vers l’est plusieurs fois par an — pour plonger à Tulamben, pour marcher dans la vallée de Sidemen, pour manger dans un warung d’Amlapura où personne ne parle anglais. Ce guide couvre comment s’y rendre depuis le sud, ce qui mérite vraiment votre temps, où dormir selon les secteurs, et combien de jours prévoir.

Écrit depuis Bali : je vis sur l’île depuis 2020 et j’ai ouvert le premier centre de plongée PADI de Nusa Penida en 2017. Chaque site, chaque durée de trajet et chaque prix indiqués ici, je les ai vérifiés sur place, pas recopiés d’un dossier de presse. Les prix sont ceux de 2026, en euros.

Guide de Karangasem : navigation rapide

Le mont Agung vu depuis Karangasem, est de Bali
Le mont Agung, 3 031 m, domine tout le regency

Où se trouve Karangasem ? Et comment s’y rendre

Karangasem est le plus oriental des huit regencies de Bali, avec Amlapura pour chef-lieu. Il s’étend du mont Agung — plus haut volcan de l’île à 3 031 m — jusqu’au détroit de Lombok, et couvre l’essentiel de ce qu’on appelle l’est de Bali.

Il n’y a ni aéroport ni transport public utile. Tout commence par une route depuis le sud, et cette route est plus longue que ce que la carte laisse croire : la côte au sortir de Denpasar avance lentement, et les routes de montagne à l’intérieur sont étroites.

DépartArrivéeDistanceDurée réelle
Kuta / aéroportCandidasa65 km2 h – 2 h 30
Kuta / aéroportAmed105 km3 h – 3 h 30
SeminyakSidemen60 km2 h – 2 h 30
UbudTirta Gangga50 km1 h 30 – 2 h
UbudAmed65 km2 h – 2 h 30
SanurPadang Bai40 km1 h – 1 h 15
AmedTulamben15 km25 min
Durées de trajet réalistes vers Karangasem — comptez une heure de plus si vous quittez le sud après 15 h

Depuis Kuta, Seminyak ou l’aéroport

La voiture avec chauffeur est la solution standard : comptez 35 à 45 € pour une journée complète, essence et temps d’attente compris, ou 25 à 35 € pour un simple transfert aller selon la destination. N’importe quel hôtel vous l’organise, et c’est moins cher réservé sur place qu’en ligne.

Les applications de VTC fonctionnent à l’aller mais pas toujours au retour : la couverture se raréfie à l’est de Candidasa, et dans certains villages les associations de transporteurs locaux les découragent. Si vous montez vers Amed ou Tulamben, réservez un chauffeur dans les deux sens ou prévoyez de louer un scooter sur place.

Peut-on le faire à la journée depuis Kuta ? C’est possible, mais le calcul est mauvais : cinq à six heures de voiture pour quatre ou cinq heures sur place. Si vous n’avez pas le choix, concentrez-vous sur un seul secteur — Tirta Gangga et Taman Ujung, à vingt minutes l’un de l’autre, ou bien Besakih et Sidemen — et renoncez à la côte le même jour. Une nuit change complètement l’expérience. Pour l’arrivée à Bali, les formalités et le visa, voyez comment aller à Bali.

Se déplacer une fois sur place

Les distances à l’intérieur du regency sont courtes mais lentes. Le scooter (5 à 7 € par jour) est idéal le long de la côte entre Candidasa, Amed et Tulamben, où la route longe la mer. Pour le circuit des temples à l’intérieur — Besakih, Lempuyang, Tirta Gangga — le chauffeur se justifie : les montées sont raides, le stationnement chaotique, et Lempuyang impose une navette depuis le parking bas.

Faites le plein dès que vous le pouvez. Les stations-service se raréfient au nord d’Amed ; les villages vendent l’essence au litre en bouteille de verre, ce qui fonctionne très bien. Mon détail complet des scooters, chauffeurs et applications est ici : comment se déplacer à Bali.

Terrasses de riz dans la région de Karangasem, est de Bali
Les rizières en terrasses sous le mont Agung

Que faire à Karangasem : les meilleures activités

Karangasem concentre une variété inhabituelle sur un petit territoire : deux palais d’eau royaux, le temple mère de Bali, la meilleure épave de l’île, un volcan et une vallée de rizières. Voici la sélection, avec ce que chaque site coûte réellement en temps et en argent.

SiteDe quoi il s’agitDuréeEntrée (env.)Meilleur moment
Tirta GanggaJardin d’eau royal, pas japonais, bassins à carpes1 h 302,50 €Tôt le matin
Taman UjungPalais d’eau, lagunes, vue sur la mer1 h 303 €Fin d’après-midi
BesakihLe temple mère, sur les pentes de l’Agung2 h4 € sarong comprisAvant 10 h
Lempuyang« Portes du paradis », 1 700 marches au-dessusDemi-journée5 € + navetteAu lever du jour
TulambenÉpave de l’USAT Liberty, plongée du bordDemi-journée55–75 € les 2 plongées6 h pour l’avoir seul
AmedSnorkeling, sable noir, bateaux de pêche1–2 joursGratuitLe matin, mer plate
Vallée de SidemenRizières, tissage, argent, cascadeJournéeGratuit – 3 €Toute la journée
Goa LawahTemple de la grotte aux chauves-souris45 min2 €Sur la route de l’est
Bias Tugel / Blue LagoonPetites criques de sable blanc près de Padang BaiDemi-journée1 € de parkingLe matin
Gili Tepekong / Mimpang / BiahaTrois îlots de plongée au large de CandidasaDemi-journée70–90 € les 2 plongéesAvril–novembre
Les sites principaux de Karangasem, avec durées réalistes et tarifs 2026

Si vous n’avez qu’une journée, le duo classique est Tirta Gangga le matin et Taman Ujung l’après-midi — vingt minutes les séparent, et ils racontent la même histoire d’un royaume qui a passé ses dernières décennies à bâtir des jardins. Avec deux jours, ajoutez la côte.

Temples et palais d’eau royaux

Karangasem fut le dernier royaume balinais à conserver son indépendance, et le dernier à dépenser comme tel. Deux de ses palais d’eau ont survécu, aux côtés du temple le plus sacré de l’île et de sa porte la plus photographiée. Ce sont tous des lieux de culte en activité : sarong et écharpe obligatoires, épaules couvertes — ils sont prêtés à chaque entrée. Pour le contexte, voyez aussi la culture balinaise et l’histoire de Bali.

Le palais d'eau de Taman Ujung, ses lagunes et son long pont blanc, Karangasem Bali
Taman Ujung, construit en 1921 par le dernier raja de Karangasem

Besakih, le temple mère

Pura Besakih se tient à 1 000 m d’altitude sur le flanc sud-ouest du mont Agung. C’est le site le plus sacré de l’hindouisme balinais : vingt-trois temples, dont le plus ancien remonte au XIVe siècle, étagés sur sept terrasses à flanc de montagne. Lors de l’éruption de 1963, qui fit plus d’un millier de morts, les coulées de lave se sont arrêtées à quelques mètres du sanctuaire principal. Les Balinais ne l’ont pas oublié.

Depuis 2023, un centre d’accueil en contrebas gère les billets et une navette, ce qui a fait disparaître l’essentiel du racolage aux « guides obligatoires » qui faisait la mauvaise réputation du site. L’entrée coûte environ 4 € avec le sarong. Venez avant 10 h : la montagne se couvre presque tous les jours en fin de matinée, et avec elle la vue qui fait la moitié de l’intérêt.

Les cours intérieures restent fermées aux non-pratiquants : vous verrez la montée, les portes et les terrasses, ce qui suffit largement. Comptez deux heures, navette comprise.

Lempuyang et les Portes du paradis

Pura Lempuyang Luhur compte parmi les six temples les plus sacrés de Bali, réparti en sept sanctuaires qui grimpent le mont Lempuyang. Le plus bas, Pura Penataran Agung, abrite la porte fendue qui encadre le mont Agung — les « Portes du paradis » qui ont rendu le site célèbre.

Deux choses à savoir avant d’y aller. D’abord, le reflet dans l’eau que vous avez vu en ligne n’existe pas : c’est un photographe qui tient un morceau de verre sous un téléphone, et la file d’attente officielle dépasse régulièrement deux à trois heures. Ensuite, le vrai temple sommital se trouve 1 700 marches plus haut, à deux heures de montée, et presque personne ne le fait — ce qui en fait précisément la meilleure moitié de la visite.

Arrivez à l’ouverture, vers 6 h, ou renoncez à la porte et montez. Par temps clair, la vue sur le détroit jusqu’à Lombok vaut mieux que la photo.

Le temple de Lempuyang, Karangasem Bali
Pura Lempuyang, sur les pentes du mont Lempuyang

Tirta Gangga, le jardin d’eau

Tirta Gangga — « l’eau du Gange » — a été bâti en 1946 par Anak Agung Anglurah Ketut Karangasem, le dernier raja, qui l’a dessiné lui-même. Une source alimente une fontaine à étages et une série de bassins disposés autour de statues de divinités hindoues, avec la fameuse ligne de pas japonais qui traverse un plan d’eau grouillant de carpes koï.

C’est petit — une heure et demie suffit — et c’est le matin qu’il faut y être, pour la lumière et parce que les pas japonais se transforment en file d’attente photo dès le milieu de matinée. L’entrée coûte environ 2,50 € ; un sachet de nourriture à poissons vaut quelques centimes et reste le moyen le plus sûr de faire suivre les carpes.

Le jardin d'eau de Tirta Gangga, ses pas japonais et sa fontaine à étages, Karangasem Bali
Les pas japonais et la fontaine à étages de Tirta Gangga

Les jardins au-dessus des bassins sont presque toujours déserts, et la source sert encore à l’eau des temples. Tout près, la vallée de Maha Gangga est à quinze minutes de voiture et offre l’une des promenades les plus tranquilles du regency.

La vallée de Maha Gangga près de Tirta Gangga, Karangasem Bali
La vallée de Maha Gangga, à quinze minutes de Tirta Gangga

Taman Ujung, le palais sur l’eau

Taman Ujung — aussi appelé Taman Sukasada — a été construit en 1921 par le même raja, vingt-cinq ans avant Tirta Gangga, et sur une tout autre échelle : trois grandes lagunes, un pavillon de style européen qu’on atteint par un long pont blanc, et des terrasses qui montent vers un belvédère sur la mer.

L’éruption de 1963 et le tremblement de terre de 1979 en ont détruit l’essentiel ; ce que vous voyez aujourd’hui est une restauration soignée. Ce mélange d’architecture balinaise et coloniale européenne est unique sur l’île, et comme le site est vaste, il ne paraît jamais bondé même quand le parking est plein.

Le pavillon du palais de Taman Ujung et son pont, Karangasem Bali
Taman Ujung, le pavillon et le long pont blanc

Montez jusqu’à la terrasse supérieure. De là vous embrassez tout le plan d’un seul regard — les lagunes, le pont, les jardins — avec le détroit de Lombok derrière. La lumière de fin d’après-midi est la meilleure, et c’est à quinze minutes d’Amlapura.

Les jardins du palais de Taman Ujung et la mer, Karangasem Bali
L’ensemble du domaine depuis la terrasse haute, la mer au fond

Goa Lawah, le temple de la grotte aux chauves-souris

Goa Lawah se trouve directement sur la route côtière que vous empruntez pour rejoindre Karangasem, à dix minutes à l’ouest de Padang Bai. Administrativement il appartient au regency voisin de Klungkung, mais il est sur le chemin de tout le monde et compte parmi les six temples les plus sacrés de Bali : il a sa place dans tout itinéraire dans l’est de l’île.

Les sanctuaires sont bâtis contre l’entrée d’une grotte habitée par des milliers de roussettes — on les entend avant de les voir. La tradition balinaise veut que la caverne rejoigne Besakih, à 30 km à l’intérieur des terres. C’est un lieu majeur pour les cérémonies qui suivent les crémations : il y a de bonnes chances que vous arriviez pendant l’une d’elles.

Les sanctuaires du temple grotte de Goa Lawah, est de Bali
Les sanctuaires adossés à l’entrée de la grotte aux chauves-souris

Si une cérémonie est en cours, restez en retrait, gardez la tête plus basse que les offrandes et ne passez pas devant les fidèles en prière. Personne ne vous demandera de partir — les temples balinais sont remarquablement accueillants — mais la politesse se remarque. Quarante-cinq minutes suffisent, l’entrée est à environ 2 €.

Cérémonie au temple de Goa Lawah, est de Bali
Une cérémonie à Goa Lawah — les fidèles en blanc emplissent la cour

Le Samsara Living Museum

Si vous voulez que tout cela vous soit expliqué en un seul endroit, le Samsara Living Museum, près d’Amlapura, vous fait parcourir les cérémonies qui jalonnent une vie balinaise, de la conception à la crémation, avec en prime la production d’arak et des démonstrations d’artisanat. Un guide vous accompagne : ce sont les deux heures de contexte culturel les plus utiles qu’on puisse s’offrir dans la région.

Le musée vivant Samsara Living Museum, Karangasem Bali
Le Samsara Living Museum

Plongée et snorkeling à Karangasem

Cette côte abrite la meilleure plongée de Bali continentale. Le plateau volcanique plonge à quelques mètres du bord, l’eau est claire d’avril à novembre, et trois des sites emblématiques de l’île tiennent dans vingt kilomètres. Pour la vue d’ensemble, voyez mon guide de la plongée à Bali et la sélection des meilleurs sites de plongée de Bali.

Tulamben et l’épave de l’USAT Liberty

Le Liberty est un cargo de l’armée américaine torpillé en 1942, échoué à Tulamben, puis poussé à l’eau par l’éruption de 1963. Il repose aujourd’hui à 30 m du rivage, entre 5 et 30 m de fond, parallèle à la plage — ce qui en fait l’une des grandes épaves les plus faciles au monde. On entre à pied depuis une plage de galets noirs.

Les nageurs de surface atteignent sans difficulté la partie haute de la coque. Les plongeurs de tous niveaux font le tour complet. Deux plongées coûtent 55 à 75 € équipement compris. Le site est chargé dès 9 h : les centres proposent un départ à 6 h précisément pour l’avoir vide, et le réveil en vaut la peine. Le détail du site est ici : plonger à Tulamben.

Plongée sur l'épave de l'USAT Liberty à Tulamben, Bali
L’USAT Liberty, à trente mètres de la plage de Tulamben

Amed : le snorkeling depuis la plage

Amed, c’est en réalité une succession de sept villages de pêcheurs sur quinze kilomètres de sable noir. Le récif commence à quelques mètres du bord dans la baie de Jemeluk et à Lipah, si bien qu’on peut faire du snorkeling sans bateau — corail, poissons de récif, et à Lipah une petite épave japonaise par 6 m de fond.

Allez-y le matin : le vent se lève après midi et la visibilité chute. Masque et palmes se louent 3 à 4 € la journée dans n’importe quel warung de plage.

Gili Tepekong, Gili Mimpang et Gili Biaha

Trois îlots rocheux se tiennent au large, entre Padang Bai et Candidasa, et constituent la plongée la plus exigeante de Bali. Courants forts et imprévisibles, thermoclines qui font tomber l’eau à 20 °C, et — de juillet à octobre — une vraie chance de croiser le mola mola, le poisson-lune. Requins, gros bancs de carangues, et à Biaha une grotte où se reposent les requins à pointes blanches.

Récif et nuées d'anthias sur le site de plongée de Gili Tepekong, Padang Bai, Bali
Gili Tepekong — corail dur dense et nuées d’anthias, à vingt minutes de bateau de Padang Bai

Ce ne sont pas des sites pour débutants. Les centres sérieux de Padang Bai et Candidasa demandent 30 à 50 plongées au carnet et refusent en dessous. Comptez 70 à 90 € les deux plongées. Le détail des trois îlots est ici : plonger aux Gili de Padang Bai. Et si la plongée est la raison de votre voyage, la vue d’ensemble est dans la plongée en Indonésie.

Sidemen : rizières, cascade et argent

Sidemen est une vallée à une heure de la côte, entre le mont Agung et la rivière Unda. On la décrit comme « Ubud il y a trente ans », ce qui est paresseux mais pas faux : des rizières en terrasses, quelques petits hôtels sur les crêtes, et presque rien de construit pour le tourisme. C’est la partie de Karangasem où j’envoie les gens qui me disent vouloir le Bali qui fonctionne encore.

C’est aussi une vallée qui travaille — tissage, sucre de palme, distillation de l’arak, argenterie — et c’est ce qui lui donne ce que les villages de carte postale ont perdu.

Marcher dans la vallée

Il n’y a ni point de vue unique ni guichet. On se gare au village et on marche : les sentiers courent entre les terrasses, longent les canaux d’irrigation, descendent à la rivière et remontent sur l’autre versant. Deux à trois heures suffisent pour la boucle classique, et vous croiserez des paysans plutôt que des photographes.

Le petit matin est le meilleur moment : la lumière est rasante sur les terrasses et l’Agung est généralement dégagé avant que les nuages ne montent. N’importe quel hôtel vous indiquera un itinéraire, et un guide local coûte 10 à 15 € la demi-journée — de l’argent bien dépensé pour les explications plus que pour l’orientation.

La cascade de Tri Eka Buana

Tri Eka Buana est un village au sommet de la vallée de Sidemen, connu localement pour son arak — et il abrite une cascade que presque aucun guide ne mentionne. L’eau descend d’une paroi de roche sombre dans un bassin peu profond, au fond d’un ravin de jungle, à dix minutes de marche de l’endroit où vous laissez le scooter.

La cascade de Tri Eka Buana dans la vallée de Sidemen, Karangasem Bali
La cascade de Tri Eka Buana — une chute d’une quinzaine de mètres

Un peu en aval, la rivière a creusé dans la roche noire des vasques naturelles assez profondes pour s’y asseoir, avec la vallée qui s’ouvre en contrebas. Pas de droit d’entrée, pas de warung, et le plus souvent personne. Allez-y le matin, et évitez après de fortes pluies : le ravin canalise beaucoup d’eau très vite.

Bassin naturel dans la roche sous la cascade de Tri Eka Buana, Sidemen Bali
Les vasques naturelles creusées dans la roche en contrebas

Fabriquer sa propre bague en argent

L’argenterie balinaise est habituellement associée à Celuk, près d’Ubud, où les ateliers se sont depuis longtemps transformés en salles d’exposition. Sidemen a gardé quelque chose de plus proche de l’original : des ateliers familiaux sous des pavillons ouverts, où l’artisan travaille au chalumeau, au laminoir à manivelle et à la lime — et où vous pouvez vous asseoir et fabriquer quelque chose vous-même.

La séance commence par la matière première. La grenaille d’argent est pesée sur une balance à plateaux — vous payez au gramme, le prix dépend donc de ce que vous faites — puis fondue dans un creuset de terre sur des braises jusqu’à ce que le métal coule.

Grenaille d'argent pesée à côté des bagues terminées, atelier de Sidemen Bali
La grenaille d’argent brute, et les bagues qu’elle devient

La fonte est le moment dont tout le monde se souvient. Le creuset rougit, le chalumeau entre, et quelques grammes de granules grises deviennent une bille d’argent liquide en trente secondes. C’est aussi le moment où les enfants arrêtent de gigoter : l’activité fonctionne très bien en famille, l’atelier se chargeant de tout ce qui est brûlant.

Fonte de l'argent dans un creuset, atelier de Sidemen, Karangasem Bali
La fonte de l’argent sur les braises, sous un pavillon ouvert à Sidemen

Le lingot refroidi passe ensuite au laminoir, actionné à la manivelle, jusqu’à devenir une bande plate de la bonne épaisseur. Cette bande deviendra votre bague : cintrée, soudée, limée, martelée et polie, l’argentier reprenant la main dès qu’il faut un savoir-faire que vous n’avez pas.

Argentier actionnant un laminoir à manivelle, Sidemen Karangasem Bali
Le laminoir à manivelle aplatit le lingot en une bande

Comptez trois à quatre heures et de 25 à 40 € selon le poids d’argent. Réservez la veille : ce sont des familles, pas une entreprise avec une réception. Vous repartez avec un objet que vous avez fait, ce qui vaut mieux que tout ce qu’on trouve au marché d’Ubud.

Arak, tissage et marchés

Tri Eka Buana est l’un des villages d’arak de Bali : la sève de palmier est récoltée à l’aube, fermentée, puis distillée sur un feu de bois dans un matériel inchangé depuis des générations. L’arak est un alcool cérémoniel avant d’être récréatif, et le voir produire explique beaucoup de choses sur le fonctionnement réel du rituel balinais.

Sidemen est également réputée pour le tissage du songket et de l’endek — soie et coton travaillés sur des métiers à sangle dorsale, l’un des rares endroits de Bali où cela reste une activité de village et non une démonstration. Et pour goûter au reste, un cours de cuisine balinaise se trouve facilement dans la vallée.

La côte : Amed, Candidasa et Padang Bai

Amed

Amed désigne quinze kilomètres de criques de sable noir au nord-est — Jemeluk, Lipah, Bunutan, Selang et les autres — là où la montagne descend presque jusqu’à l’eau. Les jukung traditionnels partent encore pêcher des plages à l’aube, et le sel se récolte toujours à la main dans des bassins d’évaporation le long du rivage.

Il n’y a aucune vie nocturne et très peu de commerces. Ce qu’il y a : du snorkeling et de la plongée depuis la plage, des écoles d’apnée, un lever de soleil sur Lombok, et le mont Agung qui remplit la vue derrière vous. Deux à trois nuits sont la bonne dose.

La plage d'Amed et le volcan Agung derrière, est de Bali
Amed, avec l’Agung en arrière-plan

Candidasa

Candidasa fut la première tentative de station balnéaire sur la côte est, dans les années 1980, et elle a mal tourné : le récif au large a été exploité pour en tirer la chaux nécessaire à la construction des hôtels, et sans lui la plage a disparu en une décennie. Il reste une bande tranquille d’hôtels derrière des digues, une lagune aux lotus, et — pour les plongeurs — la base la plus proche de Tepekong, Mimpang et Biaha.

Venez pour la plongée, pour le calme, et pour la position à mi-chemin entre les temples et la côte. Ne venez pas pour la plage : pour du sable, roulez un quart d’heure jusqu’à Bias Tugel ou Virgin Beach.

Padang Bai

Padang Bai est le port, et pour la plupart des voyageurs un point de transit : les bateaux rapides partent d’ici vers les îles Gili, Lombok et Nusa Penida, et le ferry pour véhicules rejoint Lembar en environ quatre heures. Si vous voyagez avec un scooter ou une voiture, c’est là qu’on embarque.

Ferry quittant Padang Bai vers Lombok et les îles Gili, Bali
Au départ de Padang Bai — bateaux rapides et ferries vers Lombok, les Gili et Nusa Penida

Le village mérite mieux qu’un arrêt technique. Deux petites criques se trouvent à distance de marche du port : Bias Tugel, sable blanc au bout d’un sentier qui franchit la pointe, et Blue Lagoon, la meilleure des deux pour le snorkeling. Les deux sont calmes en dehors des week-ends.

La plage de Bias Tugel près de Padang Bai, Bali
Bias Tugel, à dix minutes à pied du port de Padang Bai

Des bateaux partent aussi de Padang Bai pour Nusa Penida, même si Sanur reste le point de départ le plus fréquent. Si vous hésitez entre les deux destinations, j’ai comparé les options ici : les Gili ou Nusa Penida ?

Où dormir à Karangasem

Aucune base ne couvre tout le regency : la côte et la vallée sont à une heure l’une de l’autre, et les temples se trouvent entre les deux. Choisissez selon ce pour quoi vous êtes venu.

BaseIdéale pourCompromis
SidemenRizières, marche, silence, argent et arakPas de plage, une heure de la côte
AmedPlongée, snorkeling, lever de soleil, TulambenLe plus loin du sud, aucune vie nocturne
CandidasaPosition centrale pour les temples et les trois îlotsPas de vraie plage
Tirta GanggaTemples, Lempuyang à l’aube, nuits fraîchesTrès peu de restaurants
Padang BaiUne nuit avant un bateau pour les Gili ou LombokUn port, pas une destination
Choisir sa base à Karangasem

Sidemen — pour la vallée

  • Wapa di Ume Sidemen — l’adresse la plus connue de la vallée : une piscine en surplomb des rizières, et l’Agung dans la fenêtre au réveil par temps clair.
  • Samanvaya — réservé aux adultes, perché sur la crête, avec l’une des plus belles piscines à débordement de l’est de Bali.

Amed — pour l’eau

  • The Griya Villas and Spa — des villas en surplomb de la mer à l’extrémité est, la plus tranquille, après Selang.
  • Bali Dive Resort Amed — simple, sur la plage, avec le centre de plongée sur place. Le choix pratique si vous êtes là pour être dans l’eau tous les matins.

Candidasa — pour la position centrale

  • Alila Manggis — un hôtel de design bas dans une cocoteraie au bord de l’eau, avec le meilleur restaurant de cette côte.
  • Ramayana Candidasa Beach Resort — milieu de gamme, en front de mer, bon rapport qualité-prix et base commode pour les bateaux de plongée.

Les guesthouses démarrent autour de 15 à 25 € la nuit dans tout le regency, et hors juillet-août vous pouvez arriver sans réserver à peu près partout — sauf à Sidemen, où les bonnes adresses sont peu nombreuses et se remplissent tôt.

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Combien de jours prévoir à Karangasem ?

Trois nuits est le bon équilibre — de quoi voir les temples, la vallée et la côte sans passer son temps en voiture. Deux fonctionnent si vous renoncez soit à Sidemen, soit à Amed. Une seule, c’est une excursion à la journée déguisée.

Un itinéraire de trois jours qui fonctionne

Jour 1 — l’arrivée et les palais d’eau. Quittez le sud tôt, arrêt à Goa Lawah sur la route côtière, déjeuner à Candidasa. Après-midi à Taman Ujung, en montant jusqu’à la terrasse haute pour la lumière. Nuit vers Tirta Gangga ou Candidasa.

Jour 2 — les temples puis la mer. Tirta Gangga à l’ouverture, avant que les pas japonais ne se remplissent. Ensuite Lempuyang à l’aube si vous tenez à la porte, ou Besakih si vous préférez la montagne. Route vers Amed dans l’après-midi et snorkeling à Jemeluk avant le coucher du soleil.

Jour 3 — l’épave, puis l’intérieur. Tulamben à 6 h pour avoir le Liberty sans personne dessus. Redescente vers Sidemen l’après-midi : la marche dans la vallée, ou l’atelier d’argent si vous avez réservé.

Depuis Karangasem, la plupart des itinéraires continuent vers l’ouest jusqu’à Ubud pour la culture, ou redescendent vers Seminyak pour les derniers jours. L’île entière est détaillée dans le guide de voyage de Bali.

Conseils pratiques pour visiter Karangasem

  • Quittez le sud avant 8 h. La route de l’est se bouche en milieu de matinée puis de nouveau à partir de 16 h. Le même trajet peut prendre deux heures ou quatre.
  • Prévoyez du liquide. Il y a des distributeurs à Amlapura, Candidasa et Amed, et nulle part ailleurs sur quoi compter. Temples, cascades, parkings et warungs sont en espèces uniquement.
  • Sarong et écharpe à chaque temple. Prêtés à l’entrée, généralement compris dans le billet. Épaules couvertes.
  • Vérifiez l’Agung avant de miser sur un point de vue. La montagne est dégagée à l’aube environ un jour sur deux, et se couvre vers 10 h la plupart de l’année.
  • Plongez avec un centre qui vous demande votre carnet. Autour de Tepekong et Biaha, les courants sont sérieux. Un centre qui accepte tout le monde est un centre à éviter.
  • Attendez-vous aux cérémonies. Les fêtes d’odalan ferment les temples aux visiteurs plusieurs jours par an et bloquent les routes pour les processions. Ce n’est pas un problème à contourner : c’est la raison de venir.
  • Réservez la veille l’atelier d’argent et tout guide. Ce sont des structures familiales, pas des entreprises avec un service de réservation.
  • Vous continuez vers Lombok ou les Gili ? Les bateaux partent de Padang Bai le matin ; les traversées de l’après-midi sont plus agitées. La logistique régionale est détaillée dans comment se déplacer en Indonésie.

Quand y aller : d’avril à octobre, la saison sèche, pour la plongée, la marche et les vues dégagées sur le volcan. L’est est plus sec que le reste de Bali toute l’année — même en saison humide, la pluie tombe généralement par averses courtes en fin de journée. Ma préférence va à mai, juin ou septembre.

Et pour voir l’Agung sans marcher, le point de vue de Lahangan Sweet, sur les hauteurs au nord d’Amlapura, offre l’un des plus beaux panoramas de l’île : le volcan en face, les rizières en contrebas, et quelques cabanes de bambou installées pour regarder le lever du soleil. Arrivez avant 7 h.

Pourquoi Karangasem vaut le détour

Karangasem est la partie de Bali qui a gardé ses proportions. Les temples servent, les terrasses sont cultivées, les pêcheurs sortent encore à l’aube, et les deux palais royaux se dressent dans des jardins qu’un roi a dessinés pour lui-même et non pour des visiteurs. Rien ici n’a été mis à l’échelle du tourisme, et c’est précisément pour cela qu’il faut deux heures pour y arriver.

Accordez-lui trois nuits, partez tôt, et partagez votre temps entre la montagne et la mer. Pour le reste de l’île, voyez le guide complet de Bali ; et si Bali n’est qu’une étape d’un voyage plus long, le guide de voyage en Indonésie couvre Java, Florès, Komodo et Raja Ampat.

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Questions fréquentes sur Karangasem

Où se trouve Karangasem à Bali ?

Karangasem est le regency le plus oriental de Bali, avec Amlapura pour chef-lieu. Il s’étend du mont Agung jusqu’au détroit de Lombok et couvre l’essentiel de ce qu’on appelle l’est de Bali : Sidemen, Tirta Gangga, Candidasa, Amed et Tulamben s’y trouvent tous.

Karangasem est à combien de Kuta ?

Entre 65 et 105 km selon votre destination : deux heures à deux heures trente jusqu’à Candidasa, trois ou plus jusqu’à Amed. Un chauffeur privé coûte 35 à 45 € la journée. Partez avant 8 h pour éviter le pire du trafic.

Peut-on visiter Karangasem à la journée ?

C’est possible, mais vous passerez cinq à six heures en voiture pour quatre ou cinq sur place, et il faudra choisir entre les temples et la côte. Une nuit transforme le même voyage en vraie visite ; trois valent mieux.

Karangasem est connu pour quoi ?

Le mont Agung et Besakih, le temple mère de Bali ; les palais d’eau royaux de Tirta Gangga et Taman Ujung ; les Portes du paradis de Lempuyang ; l’épave de l’USAT Liberty à Tulamben ; et la vallée de Sidemen, réputée pour son tissage, son arak et son travail de l’argent.

Où dormir à Karangasem ?

Sidemen pour les rizières et le calme, Amed pour la plongée et le snorkeling, Candidasa pour une position centrale entre les deux, Tirta Gangga pour les temples. Aucune base ne couvre tout : la côte et la vallée sont à une heure l’une de l’autre.

Tulamben convient-il aux débutants ?

Oui. L’USAT Liberty repose à 30 m de la plage, entre 5 et 30 m de fond, sans bateau et sans courant en conditions normales — c’est l’une des grandes épaves les plus accessibles au monde. Les nageurs de surface voient la partie haute de la coque. Les îlots au large de Candidasa sont l’inverse : plongeurs expérimentés uniquement.

Le snorkeling est-il bon à Karangasem ?

Parmi les meilleurs de Bali, et l’essentiel se fait depuis la plage. La baie de Jemeluk et Lipah à Amed ont du récif à quelques mètres du bord, Tulamben a son épave, et le Blue Lagoon près de Padang Bai est le meilleur spot plus au sud. Allez-y le matin, avant le vent.

Sidemen vaut-il le détour ?

Si vous aimez marcher et voulez le paysage de rizières sans la foule de Tegallalang, oui. C’est une vallée qui travaille — tissage, arak, argent — sans guichet ni aménagement touristique. Accordez-lui une journée entière, ou une nuit si vous le pouvez.

Peut-on fabriquer sa bague en argent à Sidemen ?

Oui. Des ateliers familiaux de la vallée proposent des séances où vous fondez l’argent, le laminez, le mettez en forme et le polissez vous-même. Comptez trois à quatre heures et 25 à 40 € selon le poids de métal. L’activité fonctionne bien avec des enfants, l’atelier gérant tout ce qui est brûlant. Réservez la veille.

Lempuyang vaut-il la file d’attente ?

Seulement à l’ouverture. Le reflet de la photo célèbre est un morceau de verre tenu sous un téléphone, et la file dépasse régulièrement deux à trois heures. Arrivez à 6 h, ou ignorez la porte et montez les 1 700 marches jusqu’au temple sommital, que presque personne ne fait et qui est la meilleure moitié du site.

Quelle est la meilleure période pour l’est de Bali ?

D’avril à octobre, la saison sèche, pour la plongée, la marche et les vues dégagées sur l’Agung. L’est reste plus sec que le reste de l’île toute l’année, si bien que même la saison humide est praticable : la pluie vient par averses courtes en fin de journée. Mai, juin et septembre offrent le meilleur compromis entre météo, affluence et prix.

Comment aller de Karangasem aux îles Gili ?

Les bateaux rapides partent de Padang Bai tous les matins et mettent environ 90 minutes jusqu’à Gili Trawangan. Le ferry pour véhicules vers Lembar, à Lombok, met environ quatre heures et circule jour et nuit. Les traversées du matin sont plus calmes que celles de l’après-midi.

2 réflexions sur “Karangasem, Bali : temples, plongée, Sidemen et Amed”

  1. Bravo et merci pour toutes ces précieuses informations.
    Cela fait quelques semaines que je prépare un voyage en couple pour mai 2026. L’itinéraire sera le suivant :
    Sanur (1 nuit) / Nusa Penida (3 nuits) / Ubud (4 nuits) / Munduk (2 nuits ) / Karangasem (2 nuits) / Canggu (2 nuits)
    Grâce à vous je découvre des informations utiles et pertinentes que je n’avais jamais lu encore. A croire que beaucoup d’articles du net sont plus ou moins des CTRL C/CTRL V…
    J’espère pouvoir lire plus d’articles de votre part dans les prochaines semaines. A propos de Munduk qui sais 😉
    Bonne continuation

    1. Bonjour Johann,
      Un grand merci pour votre message — ça fait vraiment plaisir à lire ! 😊
      Je suis ravi que le site vous soit utile et que vous y trouviez des informations différentes de ce qu’on lit souvent ailleurs. Votre itinéraire est très bien, bien équilibré entre nature, culture et bord de mer — vous allez adorer !
      Et vous avez raison, Munduk mérite clairement un article à part entière 😉 : cascades, plantations de café, rizières en terrasse et ambiance authentique, c’est l’un de mes endroits préférés du nord de Bali. Il faudrait que je l’écrive…
      En attendant, n’hésitez pas à revenir vers moi si vous souhaitez quelques contacts locaux pour vos transferts, excursions ou activités à Bali.
      Je vous souhaite une très belle préparation de voyage — et un magnifique séjour à Bali !
      Bien à vous,
      Blaise

      Souhaitez-vous que je prépare aussi une version plus courte, adaptée à une réponse directe dans un commentaire ou un message privé ?

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